Introduction
Sous l’influence de l’approche néo-institutionnelle de la politique et de l’économie qui domine actuellement, le développement est presque toujours mis en relation avec les cadres institutionnels régissant les sociétés et les économies. La nature de l’État joue traditionnellement un rôle important dans les explications néo-institutionnelles du développement. En particulier, la distinction entre ce que l’on appelle les États « développementaux » et « prédateurs » a souvent été prise comme point de référence dans les débats sur le développement et ses résultats. Selon Peter Evans, les États développementaux « ouvrent des perspectives entrepreneuriales à long terme aux élites privées, en les incitant davantage à investir dans les changements transformatifs, et en limitant les risques », alors que les États prédateurs « absorbent des sommes si importantes d’un surplus qui pourrait autrement être investi, tout en fournissant si peu de ‘biens collectifs’ en échange, qu’ils freinent bel et bien la transformation économique »